La main du jeune homme qui reposait alors négligemment sur
le comptoir se crispa tout d’un coup. Il ferma les yeux, et
les rouvrit très vite. Il savait bien qu’il ne pouvait
pas y avoir de plan sans faille. Et il venait de trouve sa sienne.
Quand il avait planté le couteau dans le ventre de son
père, le sang avait éclaboussé un peu partout,
y comprit sur le réveil. Et lui, il avait bêtement
oublié ce détail. Et puis soudain, la lumière
se fit dans son esprit. Et tout s’enchaîna très
vite.
« Et pas qu’un peu !
Mais qu’est-ce que vous avez fait avec ? Vous lui avez
fait prendre un bain ou quoi ? C’est dingue ! En
vingt ans de carrière,
je… »
Un bruit sourd et mat retentit. Le gérant ne put finir sa
phrase, il avait été frappé violemment
à la tête avec un parapluie. Andreas contourna le
comptoir, afin de rejoindre l’homme allongé sur le
sol. Celui-ci était à demi conscient, mais ne pouvait
pas bouger. Le jeune homme enleva l’objet de ses tourments
des mains de l’horloger qui le serrait encore contre lui. Il
se saisit de ses deux pieds, et le traîna dans la remise de
la boutique. Il allongea l’homme sur le dos, puis
s’assit à califourchon sur, le parapluie toujours dans
les mains. Longuement, il le regarda ses yeux bleus à
demi-clos, qui ne percevait plus rien, sinon une douleur sans borne
dans le crâne. Ils savaient tous deux ce qu’il allait
se passer.
Les yeux d’Andreas s’allumèrent d’une
lueur, qui s’éteignit immédiatement. Il fut
parcouru d’un spasme et roula sur le côté,
à terre, aux côtés de l’homme. La joie
qui lui avait étreint le corps depuis hier s’en
était allée. Maintenant, il en avait besoin. Il le
fallait.
Il laissa choir le parapluie sur le côté, et se rendit
en rampant jusqu’à son sac qu’il avait
laissé dans la boutique. Il l’ouvrit, et se mit
à chercher fébrilement dedans. Il en ressortit,
victorieux, sa raison de vivre. Sa raison de tuer. Une seringue et
du coton.
Maladroitement, il se chercha une veine, et planta
immédiatement l’aiguille dedans. Vite, il appuya, et
ses traits torturés sous le manque se détendirent peu
à peu au fur et à mesure que la drogue
s’infiltrait dans son sang. Une fois terminée, il
rangea la seringue, s’essuya l’avant bras avec le
coton, et rangea le tout dans son sac. Il s’avança
à quatre pattes vers sa victime.
L’homme, toujours couché par terre, remuait
faiblement, le bras tendu en avant contre le mur. Andreas comprit
tout de suite de quoi il s’agissait. Il écrivait avec
son sang, celui qui sortait de sa tête depuis le coup de
parapluie. Vite, le jeune homme repris son arme improvisée,
et l’abattit sur l’épaule de l’horloger,
qui se mit à hurler. Un craquement sonore avait
traversé la pièce.
Andreas, sous l’emprise de la drogue, se sentait dix mille
fois plus fort qu’il y a cinq minutes. Il se releva
soudainement, et du bout du pied fit rouler de nouveau
l’homme de façon à ce qu’il soit sur le
dos. Ensuite, il plaça chacun de ses pieds sur l’une
des épaules de sa victime, qui criait de plus en plus fort,
et se mit à basculer son poids d’avant en
arrière, faisant rouler les os de l’homme contre le
sol, jusqu’à qu’il n’y ai plus rien, et
qu’il ne sente plus aucune résistance entre son talon
et le carrelage. Les deux épaules
déboîtés, les bras de l’horloger
pendaient mollement de chaque côté de son corps,
tandis que des larmes roulaient, de plus en plus nombreuses, sur
ses joues.
Le bourreau fut soudain traversé d’une pensée
sadique. Il prit la pointe de son parapluie, et la posa tout
doucement contre le front de l’homme. Celui-ci arrêta
de pleurer. Il n’y avait plus aucun bruit dans la
pièce, sinon la respiration saccadée de
l’horloger. Le calme avant la tempête. Un sourire
sadique traversa le visage de l’adolescent. Le
deuxième en deux jours. C’était
rare.
Puis il appuya de toutes ses forces, de tout son poids, le tout son
cœur, sur le manche du parapluie, qui opposa d’abord
une petite résistance, puis, plus rien du tout,
jusqu’à rencontrer dans un bruit sec le sol de la
pièce. C’était finit.
Andreas retira d’un geste souple le parapluie et le retourna.
La pointe était couverte de sang. Il passa un doigt dessus,
qui devint immédiatement rouge. Il l’approcha de ses
lèvres, et goûta. Savoura. Encore une saveur nouvelle.
Quelque part au plus profond de son être, il
s’habituait à cette jouissance. Celle du pouvoir de
vie et mort sur l’être humain. Peut-être avait
été-t-il forcé au début de tuer. Mais
maintenant… Il ne savait plus. En tout cas, il devrait leur
faire un rapport de toute cette histoire. Ils n’allaient pas
être contents de la tournure que prenaient les choses, mais
bon, c’était comme ça et pas
autrement.
Il chercha des yeux un point d’eau, avant d’apercevoir
un lavabo. Doucement, il rinça l’arme du crime,
jusqu’à que toute trace de sang est disparue, puis
alla le poser à côté de son sac.
Puisqu’il allait laisser le corps ici, et commencé
à être recherché, autant prendre le parapluie,
cela pourra toujours lui être salutaire, vu que la police ne
connaitrai pas l’arme du crime avant un laps de temps qui lui
laissait nettement le temps de se préparer à toutes
les éventualités. Il lava ensuite les traces de
sang les plus apparentes sur ses vêtements, pour ne pas se
faire remarquer dans la rue. Il y passerait plus de soin chez lui,
mais ici, quelqu’un risquait de rentrer à tout
moment.
Le jeune homme s’accroupit ensuite près du cadavre.
Etait-ce une preuve qu’il avait laissée sur le
mur ? Si oui, que pouvait-elle indiqué aux
enquêteurs ? Qu’il était un adolescent
blond, avec des yeux dorés ? Cela n’allait pas
les aider beaucoup. En fait, sur les parois de la pièce,
l’homme avait marqué « Joyeux
anniversaire ». Il fronça les sourcils. Comment
devait-il le prendre ? Ce n’était pas son
anniversaire aujourd’hui, et de toute façon,
l’homme n’aurait pas pu le savoir. Il n’avait
donc pas à prendre ces mots contre lui. Il décida de
laisser cette marque sur le mur qui, à ses yeux, ressemblait
plutôt à des dernières volontés
qu’autre chose. Andreas reprit donc son sac, son parapluie,
et quitta la boutique à grandes enjambées, son
réveil en sécurité dans ses
mains.
*
*
*
Matthew était tout simplement heureuse pour la
première fois depuis deux semaines. Elle marchait d’un
pas allègre. Son père tenait une petite boutique non
loin du square où elle avait vu Jared. Ainsi, elle
décida de passer le voir avant de rentrer chez elle. Elle
poussa la porte de la boutique.
L’adolescente fut surprise de ne trouver personne, car
d’habitude, son père était toujours là
pour accueillir les clients, et s’absentait rarement. Elle
décida donc d’aller voir dans la
remise.
Avez-vous déjà eu l’envie de mourir comme elle
l’eut ? Avez-vous déjà senti vos tripes se
tordre, et vous donner envie de vomir sans que vous en ayez
à peine conscience ? Avez-vous déjà
rampé sur le corps d’un être cher, couvrant le
votre de son sang ? Avez-vous déjà essayé
de secouer quelqu’un, en sachant pertinemment, que plus
jamais il ne reviendrait ?
Alors vous ne savez pas ce qu’à vécu Matthew ce
jour. Ni ce qu’elle ressentit en voyant les dernières
pensées de son père.
Joyeux
anniversaire.
Il y avait pensé. Matthew cria. Elle voulait mourir.
Vraiment.
C'est goooore n_n.
N'empêche.
J'me fais peur quand je me relis.
Si mes parents tombent dessus, sûr ils m'envoient
chez le psy xD
Commentaires