A.
Un sillon de sang sur le sol. Puis un deuxième. Un troisième. Le carrelage est entièrement souillé. Un bruit sourd et continu plane en fond sonore. On traîne quelque chose. Une masse lourde et importante. La personne qui la déplace a le souffle roque. Elle peine.
N.
Un trou dans le mur attend son contenu. Un cadavre. Enfin presque. Il n’est pas encore mort. Emmuré vivant. Quelle belle fin. Il est blessé. Mais pas assez pour avoir eu une mort rapide. Sa bonne étoile l’a abandonné. Il a peur. Il a froid. C’est le sol. Il savait qu’il n’aurait jamais du laisser sa femme choisir du carrelage. Il n’a jamais aimé le carrelage.
D.
Il se rappelle de la dernière fois qu’il l’a vu. C’était à l’hôpital. Son visage était gris. Ses yeux clos. Son bras percé d’une aiguille. La poche de morphine lui faisait plus de mal qu’autre chose. Et puis elle était partie. Vers un autre monde. Le laissant seul. Enfin presque. Mais il aurait préféré rester seul. Plutôt qu’avec ça.
R.
Maintenant il a mal. Très mal. Il se souvient de lui avoir dit bonjour. Il avait un regard bizarre mais il n’y a pas prêté attention. Il s’est approché de lui, alors il a cru qu’il voulait l’embrasser. Mais non. Il s’est contenté de le transpercer. Il ne sait pas avec quoi. Il ne saura jamais. Pour lui, ce sera juste un bout de métal froid, puis un liquide chaud dans son ventre. De la douleur.
E.
Son assassin le pousse dans le trou. De toutes ses forces, il le met dans son dernier refuge. Puis, il referme le mur. Avec du ciment et des briques. Il avait tout prévu. Peu à peu, le noir se fait autour du mourant. Il n’a plus peur, désormais. Il sait qu’il rejoindra sa douce.
A.
Il a tellement envie de revoir son visage, son sourire. Lui parler, entendre de nouveau le son de sa voix. Il pleure. Mais de joie. Il est heureux. Même s’il ne s’attendait pas à cette fin. Mais il pleure également pour son assassin. Il ne le reverra jamais. Car lui ira au paradis. Et il ira en enfer.
S.
Il l’entend se déplacer derrière le mur. Il l’entend fermer la porte de la salle de bain. Allumer la télévision. On dirait qu’il ne s’est rien passé. Rien du tout. Alors il arrête de pleurer. Il attend. Il sent sa fin proche. Ses yeux se ferment malgré lui. Son souffle se raréfie. Et il rejoint les anges, au ciel.
Andreas.
Quel beau prénom. C’est celui de son assassin. Celui de son fils.
Juste le prologue, pour présenter mon perso principal, Andreas.
Verdict?


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